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RTSL 19.09.2025 TOULOUSE

Updated: Sep 20, 2025




RTSL 2025


TOULOUSE

 

CASA – DAKAR



UN PETIT MESSAGE DU CONFERENCIER...


Bonjour, avant de prendre le départ pour Dakar, cette année particulière, samedi 20 septembre prochain , je souhaite vous faire "rencontrer" quelques "personnages clés de cette aventure du Casa-Dakar 1925. Ils vont nous guider à connaître, comprendre et partager ces premières semaines du Casa-Dakar. Tout a bien failli s'arrêter, tout est reparti, grâce à la volonté de tous, chacun dans son rôle. Prenez le temps de découvrir ces premières lignes... Imprégnez-vous du côté historique pour en apprécier encore plus chaque moment, chaque minute de vol, chaque survol sur "les traces des Pionniers" des Lignes Aériennes Latécoère, puis de l'Aéropostale et enfin Air France. J'espère que ces lignes vous parviendrons quelques jours avant le décollage ...


Je vous souhaite à tous d'excellents vols avec Air Aventures et le RTSL 2025.

A très vite. Très Sincèrement. Jean Claude Nivet





Pierre G. Latécoère, un portrait moins connu du créateur de la Ligne France-Amérique du Sud
Pierre G. Latécoère, un portrait moins connu du créateur de la Ligne France-Amérique du Sud

 


Dès 1923, le brouillon d'un des discours officiels de P G. Latécoère, PGL, exposant son projet d'extension de ses lignes aériennes ; très probablement un discours prononcé aux Autorités d'Alger lors de son vol d'essai Marseille-Alger de mai 1923 et juste après le succès de la reconnaissance du Casa-Dakar par Joseph Roig et son équipe. A lire attentivement ...
Dès 1923, le brouillon d'un des discours officiels de P G. Latécoère, PGL, exposant son projet d'extension de ses lignes aériennes ; très probablement un discours prononcé aux Autorités d'Alger lors de son vol d'essai Marseille-Alger de mai 1923 et juste après le succès de la reconnaissance du Casa-Dakar par Joseph Roig et son équipe. A lire attentivement ...


Plaque de verre de 1923, le projet de P.G. Latécoère ; si les dates de reconnaissances de lignes, tous azimuts, sont bien réelles, les dates d'ouvertures sont optimistes, ambitieuses ... Le Casa-Dakar, notre thématique de cette année, ne sera officiellement "ouvert" que le 1er juin 1925.
Plaque de verre de 1923, le projet de P.G. Latécoère ; si les dates de reconnaissances de lignes, tous azimuts, sont bien réelles, les dates d'ouvertures sont optimistes, ambitieuses ... Le Casa-Dakar, notre thématique de cette année, ne sera officiellement "ouvert" que le 1er juin 1925.



Carte manuscrite de PGL représentant son projet de ligne France-Amérique du Sud. Notez la nouvelle adresse du siège social, 79 Avenue Marceau. Pierre Latécoère vient de renouveler la convention de juillet1924 avec l'Etat pour les dix prochaines années, une mission de reconnaissance avec trois Bréguet XIV, dirigée par le Prince Murat et Joseph Roig est sur place au Brésil, en Uruguay et en Argentine. L'ouverture du Casa-Dakar est proche, TVB, Tout va bien pour l'industriel audacieux.
Carte manuscrite de PGL représentant son projet de ligne France-Amérique du Sud. Notez la nouvelle adresse du siège social, 79 Avenue Marceau. Pierre Latécoère vient de renouveler la convention de juillet1924 avec l'Etat pour les dix prochaines années, une mission de reconnaissance avec trois Bréguet XIV, dirigée par le Prince Murat et Joseph Roig est sur place au Brésil, en Uruguay et en Argentine. L'ouverture du Casa-Dakar est proche, TVB, Tout va bien pour l'industriel audacieux.




1925, le Casa-Dakar est ouvert, PGL regarde de l'autre côté de l'Atlantique, notez l'ancien et le nouveau réseau en construction à cet instant. Par contre le Casa-Dakar est "sur les rails", ainsi que le développement des lignes de Méditerranée, que nous "survolerons" lors de nos dernières étapes RTSL 2025.
1925, le Casa-Dakar est ouvert, PGL regarde de l'autre côté de l'Atlantique, notez l'ancien et le nouveau réseau en construction à cet instant. Par contre le Casa-Dakar est "sur les rails", ainsi que le développement des lignes de Méditerranée, que nous "survolerons" lors de nos dernières étapes RTSL 2025.

Le nerf de la guerre ! Le développement du courrier de1922 à 1925. Archives Fondation Latécoère.
Le nerf de la guerre ! Le développement du courrier de1922 à 1925. Archives Fondation Latécoère.


GASTON VEDEL

LE PILOTE OUBLIE


Plaque photographique 3D réalisée à Malaga par le pilote photographe, chef d'aéroplace Raymond Vanier en 1923; à droite de l'image le pilote Gaston Vedel, alias Verdier, auteur du "Pilote oublié", grand témoignage de l'Espagne de cette époque. Une partie de ce témoignage photographique de Raymond Vanier  nous accompagnera tout au long de cet anniversaire exceptionnel. J'ai tenu, volontairement, à vous faire découvrir ces photographies dans leur format d'origine. A vous de les imaginer ...
Plaque photographique 3D réalisée à Malaga par le pilote photographe, chef d'aéroplace Raymond Vanier en 1923; à droite de l'image le pilote Gaston Vedel, alias Verdier, auteur du "Pilote oublié", grand témoignage de l'Espagne de cette époque. Une partie de ce témoignage photographique de Raymond Vanier nous accompagnera tout au long de cet anniversaire exceptionnel. J'ai tenu, volontairement, à vous faire découvrir ces photographies dans leur format d'origine. A vous de les imaginer ...

"Verdier, c'est l'heure".


Don Luis secoue son jeune camarade, lequel dort profondément sous l'action combinée du somnifère et des boules de cire bouchant ses oreilles. Au terrain, ils s'inquiètent de l'avion posé dans la nature. 

- Clavel est rentré, il y a deux heures. Il a marché par des chemins impossibles, afin que l'on puisse joindre aux autres le courrier en panne. 

- Et Jean Denis ?

- Il va bien. On lui a laissé un mécano qui a commencé à démonter le moteur. Il est à son affaire. Il dit que là où il s'est posé il y a des choses magnifiques à fixer sur la toile. 

- Brave Denis, dit Delrieu. Du moment qu'il a ses couleurs et un bout de pain, il accepte tout avec philosophie. 

- Un pilote peintre? Interroge Verdier

- Oui, un excellent pilote et très bon peintre. Il est déjà côté. Quand vous connaîtrez Denis, vous comprendrez. Un garçon hors série, fin, précis, ordonné, ne laissant peu de place au hasard et... profondément croyant. Une fois l'avion posé, il a jugé qu'ayant accompli son devoir de pilote, le peintre pouvait reprendre le dessus. 

- Ah, j'oubliais! M. Daurat a télégraphié en pleine nuit, pour demander la position des courriers, à deux heures du matin.



 

Archives APNA, Association des Personnels Navigants de l'Aviation créée en 1927. Nous découvrons l'étonnante écriture d'un "peintre-pilote de ligne, comme il se définit lui-même dans ses souvenirs. Jean Denis, alias JIDE, dessinateur des premiers uniformes de l'Aviation Civile.
Archives APNA, Association des Personnels Navigants de l'Aviation créée en 1927. Nous découvrons l'étonnante écriture d'un "peintre-pilote de ligne, comme il se définit lui-même dans ses souvenirs. Jean Denis, alias JIDE, dessinateur des premiers uniformes de l'Aviation Civile.

 

JEAN DENIS ALIAS JIDE

AERODROMES INCONNUS - ERMITAGES SANS NOM,

Souvenirs d’un peintre pilote de ligne

 

 

……. Cet intermède exceptionnel étant terminé, Jidé, laissant là les pinceaux, avait repris le « manche à balai » ainsi que ses voyages navette Fès – Oran et retour dont la monotonie commençait à lui peser. On parlait beaucoup alors d’une ligne Casablanca – Dakar, dont la reconnaissance par le capitaine Roig avait été faite en mai 1923. Cette mission avait jalonné la route, à la suite de quoi Collet, étant chargé d’en organiser les escales, amenait le matériel à pied d’œuvre et se préparait à recevoir les premiers courriers.

Jean Denis

 




 

DIDIER DAURAT

DANS LE VENT DES HELICES

 

L’organisation

des bases africaines

 

Ce voyage eut un retentissement profond. Il souleva un grand intérêt à Paris où on le suivait avec scepticisme à Madrid où des négociations étaient en cours et dans le désert où les tribus nomades apprirent la nouvelle avec une incroyable rapidité. L'organisation des bases africaines commença dès l'été. Il fallait construire des hangars pour protéger les avions de l'humidité nocturne du Rio de Oro, accumuler des stocks d'essence, envoyer des appareils en réserve, emmagasiner des pièces de rechange et des produits de consommation courantes Une baraque Adrian fut débarquée à Cap-Juby par flottaison, le fort espagnol ne possédant ni port ni jetée. Plus au sud, l'aéroport de Port-Etienne fut installé sans grandes difficultés: là nous pouvions nous appuyer sur le poste français et sur une pêcherie qui travaillait avec les indigènes. Des mécaniciens et des chefs de poste volontaires prirent le chemin du désert.

En dépit des dons de négociateur de Massimi et des amitiés qu'il avait su nouer avec de nombreuses personnalités espagnoles, les bureaux de Madrid nous demeuraient hostiles. Le mot d'ordre était formel:

            —Ni courrier espagnol, ni escale au Rio de Oro.

Les excellentes dispositions du Président du Conseil madrilène et les interventions répétées de notre Ambassadeur ne parvenaient pas à forcer ce que Massimi appelait « une véritable muraille de Chine ». Que se passait-il derrière ce silence ?

Didier Daurat

 


 



ROBERT COLLET

Port-Étienne, 27 février 1925.


Robert Collet, désigné par Didier Daurat grand organisateur opérationnel du Casa-Dakar 1925, par ses rapports quotidiens au chef d'exploitation, nous livre ses témoignages au jour le jour, juste passionnant...
Robert Collet, désigné par Didier Daurat grand organisateur opérationnel du Casa-Dakar 1925, par ses rapports quotidiens au chef d'exploitation, nous livre ses témoignages au jour le jour, juste passionnant...

      « Voici tout ce que je sais de Juby :


      « Les travaux sont interrompus à la suite d'une attaque des Maures ; il y aurait eu six blessés espagnols et plusieurs tués ou blessés chez les Maures. Ceux-ci projettent un raid sur Port-Étienne comme ils l’ont fait en mars 1924.

       « Le prochain bateau pour Juby ne passera à l'Aguera (15 kilomètres S. W.de Port-Étienne S. W.) que le 23 mars ; d'autre part, il faut 15 à 18 jours de méhari pour faire ce voyage, j'ai donc avantage à attendre ce bateau.

       « (Ce bateau est le courrier régulier partant le 19 de chaque mois de Las Palmas, desservant Juby, Rio, l'Aguera et retour par les mêmes escales.)

       « Un avion me permettrait de me rendre sur place et de faire marcher de front le travail des deux aéroplaces.

       « Au sujet de l'attaque de Juby, un de mes travailleurs maures a reçu la visite de son frère, venant du sud de Juby. Ce Maure lui a dit avoir appris d'un marabout que deux étrangers se trouvent entre l'Oued Draa et Ifni, qu'ils ont fait don à des chefs, de fusils et de cartouches. Ces deux étrangers parlent entre eux une langue qui n'est ni le français, ni l'espagnol.

       « Je suis donc à peu près certain que nous nous trouvons en présence d'agents allemands. Pendant la guerre ils ont déjà débarqué plusieurs fois dans la région d'Ifni et ont dû y conserver des relations qu'ils mettent à profit pour chercher à nous nuire dans la réalisation de nos projets.

       « J'ai questionné ce Maure au sujet du traitement qui serait réservé à l'équipage d'un avion en panne. Il m'a répondu qu'il pensait qu'on ne lui ferait aucun mal mais qu'on le ramènerait au premier poste occupé par des Espagnols ou des Français pour obtenir un cadeau important.

       « Plusieurs chefs maures des territoires du Rio de Oro, à qui j'ai eu l'occasion de parler, m'ont fait des déclarations analogues.

       « Ils souhaitent que les Français viennent pour pouvoir leur vendre leurs produits.

       « Comme beaucoup de Maures vont travailler au Maroc, et qu'ils reviennent tous chez eux avec de l'argent, ils concluent que le fait de travailler avec des Français est une amélioration de leurs conditions d'existence. Par conséquent, nous pouvons penser être bien accueillis chez eux.

       « Les bureaux de renseignements de Tiznit et Taroudant (Maroc) pourraient, peut-être, vous confirmer ou démentir la présence des deux agitateurs étrangers, dont je vous parle plus haut. »

R. COLLET.

Port-Étienne, 27 février 1925.

 

 

Ainsi, tout se liguait contre nous. Après l’indolence et l’insécurité des ouvriers maures, après les incursions belliqueuses des tribus, il fallait redouter une agitation permanente fomentée par nos ennemis de la veille, devenus maintenant nos concurrents. Ce n’était qu’à coups de pesetas et de distribution de vivres qu’on parvenait à calmer les dissidents. Quant aux Espagnols, les ordres de Madrid devaient les inciter à exploiter le moindre incident susceptible d’interrompre notre pénétration. Fort heureusement, nous avions affaire, à Cap-Juby à un partenaire loyal, compréhensif, humain : le colonel Bens. Il ne cessait de témoigner à nos pilotes et à nos mécaniciens un intérêt attentif, il se faisait une obligation de les aider dans toute la mesure de ses moyens.

 

Didier Daurat



 


ANDRE DUBOURDIEU

SOUVENIRS


Ici Barcelone, le chef d'aéroplace Raymond Vanier, à gauche, vérifie le bon déroulement du "courrier". Aux commandes : le jeune pilote André Dubourdieu accompagné du pilote Emile Pauillac, chargé par Didier Daurat d'organiser les  lignes  de Méditerranée.
Ici Barcelone, le chef d'aéroplace Raymond Vanier, à gauche, vérifie le bon déroulement du "courrier". Aux commandes : le jeune pilote André Dubourdieu accompagné du pilote Emile Pauillac, chargé par Didier Daurat d'organiser les lignes de Méditerranée.

 

1924

                               … Quel beau souvenir que celui du matin où l’on partait en passager pour le « voyage de reconnaissance », jusqu’à Casablanca, que l’on découvrait des rivages nouveaux ainsi que les escales d’Espagne et du Maroc, premier contact avec les camarades que la renommée nous avait déjà rendu familiés. Et, quelques jours plus tard, seul et responsable cette fois, il faudrait savoir se faufiler dans les passages difficiles, aborder les grands coups de vent aux remous brutaux et profonds ainsi que les perturbations atmosphériques étendues parfois sur des centaines de kilomètres.

 

                                Une présence quotidienne de quelques heures au terrain était exigée des pilotes en dehors des voyages : chacun pouvait ainsi suivre les travaux mécaniques effectués sur les moteurs ou sur les cellules et, s’intéressant à mille détails, pouvait suivre la vie de la Ligne.

 

 

– LA LIGNE CASABLANCA – DAKAR –

 

 - Ses premiers pas –

 

                              Depuis quelques mois j’étais affecté à l’escale de Barcelone où nous partagions le service avec deux ou trois camarades, dont Mermoz. Les qualités de ce dernier s’affirmaient déjà et le pénible hiver que nous venions de vivre les avait mises en relief ; des conditions atmosphériques particulièrement sévères avaient en effet sévi cette année là. Une bonne camaraderie régnait entre nous et nous nous entendions bien aussi avec Vanier, le chef d’Aéroplace. Le retour du printemps allait aplanir les difficultés. Mais des rumeurs circulaient, on parlait beaucoup de l’ouverture de la nouvelle ligne Casa-Dakar. Il faudrait la pourvoir en pilote ; Qui serait pressenti ?

 

                              Rentrant un jour de courrier, je trouvais une note de Daurat qui me convoquait à Toulouse. Nous ne prisions guère ces rappels à la tête de ligne qui ne nous valaient  point d’habitude des compliments et des fleurs de notre Direction ; on a beau sentir sa conscience tranquille … Mais je sortis dans l’émerveillement du bureau redouté : J’allais faire partie de la mission de reconnaissance qui devait précéder d’un mois l’ouverture de la nouvelle ligne puis demeurer ensuite à Cap Juby (Rio de Oro) en qualité de chef d’escale. Je ne m’attendais pas, pas du tout, à figurer parmi les élus.

 

Voyage préliminaire

 

29 avril 1925

                                              Quelle  activité joyeuse , quelle fièvre dans les préparatifs ! A l’occasion de ces grands moments, on pouvait jauger la vitalité de cet esprit de ligne qui animait toute la Maison, depuis le haut de l’édifice, jusqu’au plus humble.

 

                                 Dans le petit jour sale et pluvieux de ce matin du 29 avril, notre terrain de Montaudran vivait dans une atmosphère de grand raid. Que de monde au bord de la piste, devant les hangars ! Les ateliers et les bureaux ne devaient plus être très peuplés. Nos quatre Bréguet, fin prêts s’alignaient sur le ciment ; les moteurs chauffaient au ralenti. Denis, Gourp et Joly étaient mes compagnons dans cette belle aventure. Une charge de 400 Kilos, soit une centaine en excédent sur le poids normal, grevait chacun de nos appareils ; une roue accrochée entre les jambes du train d’atterrissage et une hélice amarrée sur l’aile entre les mâts n’amélioraient certes pas la finesse aérodynamique de nos avions déjà surchargés. Comment allaient ils se libérer du sol bourbeux de notre piste si courte de Montaudran ? Et un réservoir d’essence supplémentaire qui portait à 7 heures l’autonomie de vol avait été installé. Mon mécanicien eut bien du mal à se caser à l’arrière encombré de toutes les rechanges et colis divers.

 

- Paré ! –

 

  Ce fut de justesse évidemment, mais je me trouvais en l’air et constatai dès que j’eus pu virer, que les trois autres avaient également réussi leur décollage. Chargés tels des baudets arabes, nous ne pouvions guère réduire le régime du moteur pendant les deux premières heures ni dépasser un millier de mètres. Maussade au départ et jusqu’aux Pyrénées, le temps s’améliorait ; nous survolions Barcelone et, Alicante première escale était atteinte, mais pas pour tous. Un moteur avait déjà cassé et Gourp avait atterri sans dommage au sud de Valencia. Il fut dépanné aussi rapidement qu’il se put et, regroupés, nous quittions Alicante le surlendemain pour arriver à Casablanca sans Gourp une fois encore qui, ayant consommé plus que prévu s’était posé en panne d’essence un peu avant Casa, à Fedala.

 

                                Nous retrouvâmes au Maroc Roig qui avait été, deux ans auparavant le chef de la mission d’étude vers Dakar, voyage effectué par les pilotes Delrieu, Hamm et Cueille. Nous fûmes conviés à un dîner, ainsi que la presse ; discours, photos. Nous n’étions pas peu fiers, pour cette page d’histoire de la  ligne qu’on nous confiait le soin d’écrire, à 24 ans d’âge.

 

André Dubourdieu




Lisez attentivement ces documents, ces notes publiées en annexes du livre de Beppo de Massimi : "Vent debout". Nous y découvrons ces informations extraordinaires de la mise en place des pilotes et mécaniciens du Casa-Dakar, avant le vol officiel du 1er juin. Tout est écrit, organisé et précisé par le Directeur d'Exploitation Didier Daurat ; une logistique sans failles ... Sauf les imprévus !


 

BEPPO DE MASSIMI

VENT DEBOUT



Toulouse, le 28 avril 1925.

 

NOTE POUR MM. DUBOURDIEU ET JOLY

(Communiquée à toutes les aéroplaces.)

LIGNE CASABLANCA - DAKAR

(Chap. XXVII, p. 234.)

 

   N° 12 780

Ex. — DD/AD

 

            Les premiers voyages suivants sont décidés sur le tronçon Casa-Juby à titre d'organisation :

Avions.             Pilotes.             Destination.                  Passagers.

—                    —                                —                                —

                       182 ter            Joly                             Agadir                          Picard

                       158                  Gourp                           Juby                           Lempereur

                       189 bis            Dubourdieu                  Juby                           Sirvin

                       191                  Denis                           Juby                           Pichard

 

            Ces quatre appareils sous le commandement du chef de groupe Dubourdieu, remplaçant Joly, partiront de Toulouse le 29, à destination d'Alicante direct. Si le temps d'exécution du voyage dépasse 2 h. 30, les appareils atterrissent à Barcelone d'où ils repartent au plus tôt pour Alicante.

 

            La journée du jeudi 30 sera employée à la révision complète des appareils à Alicante et ils devront avoir rejoint Casablanca par un voyage A. - C. direct, sauf vent contraire, dans la journée du vendredi 1er.

 

            Le 2 mai, révision des appareils Casablanca.

 

            Le 3 mai, départ de Casablanca pour Agadir où M. Joly restera et commencera l'organisation de son aéroplace (le mécanicien Pichard affecté au cap Juby rejoindra comme passager du 191, pilote Denis). Le mécanicien Henriot restera à Agadir jusqu'au passage du premier avion à destination de Villa Cisneros.

 

            Les trois appareils suivants, toujours sous le commandement du chef de groupe Dubourdieu, partiront dès les pleins terminés sur Juby :

 

                                                          Pilotes.             Mécaniciens.

             —                                    —

                       189 bis                        Dubourdieu.                Sirvin.

                       191                              Denis.                          Pichard.

                       158                              Gourp.                          Lempereur.

 

            Du 3 au 7 inclus le chef d'aéroplace Dubourdieu prendra connaissance des lieux et nous préparera le rapport pour lequel il a reçu des instructions. Le 8 au petit jour :

            — Denis faisant fonction de chef de groupe, avion 191, accompagné du pilote Gourp, avion 158, recevra en mains propres du chef d’aéroplace tous les documents que celui-ci aura pu réunir; il partira avec la mission de livrer ce pli strictement confidentiel au chef d'aéroplace de Casablanca pour remise à l'avion-courrier Toulouse.

 

            Ce voyage Juby - Casablanca sera exécuté de conserve par les deux avions de Juby à Agadir. Consigne à observer en cas de panne de l’un des deux avions :

— Tourner en rond au-dessus de l'avion atterri et attendre que le pilote de cet avion ait allumé l'une des trois fusées fumigènes en réserve à bord de chaque appareil. L'emplacement de cette fusée indiquera l'endroit précis choisi par le pilote en panne pour l'atterrissage de l’avion dépanneur. Le pilote de cet avion atterrira à cet endroit et prendra son bord le pilote de l'avion en panne, si possible le chargement, et continuera jusqu'à l’escale.

— D' Agadir, à Casablanca M. Denis continuera seul avec son pli et il attendra des instructions ainsi que le personnel d'Agadir et de Juby.

 

 

            Toulouse, le 28 avril 1925.

                                                                                                         Le Directeur d'Exploitation :

                                                                                                                                            D.

 

 

Annexes de"Vent Debout" de Beppo de Massimi, un trésor !
Annexes de"Vent Debout" de Beppo de Massimi, un trésor !


SITUATION GEOPOLITIQUE


Il est important de connaître un peu le côté géopolitique de l'époque pour comprendre comment évoluaient les personnels Latécoère du Casa-Dakar. C'est aussi cette situation politique qui a donnée de la force à cette aventure du désert, à cette épopée et aux exploits héroïques devenus légendaires des pilotes et mécaniciens du Casa-Dakar.



 

UN ROI, DEUX MINISTRES ET UN MARÉCHAL DE FRANCE SUR LA LIGNE

 

1925, aéroplace de Barcelone, Raymond Vanier accueille le Maréchal Pétain en route pour le Maroc, piloté par le pilote Gabriel Thomas. La situation marocaine est très sérieuse. Archives Marylène Vanier/Musée Air France
1925, aéroplace de Barcelone, Raymond Vanier accueille le Maréchal Pétain en route pour le Maroc, piloté par le pilote Gabriel Thomas. La situation marocaine est très sérieuse. Archives Marylène Vanier/Musée Air France

     Après le voyage d’Albert 1er, roi des Belges, en 1921, des passagers prestigieux, politiques ou militaires, empruntent les Lignes aériennes Latécoère pour se rendre au Maroc où, avec la Guerre du Rif, la situation est extrêmement préoccupante, pour la France et pour la Ligne.

 

Maroc, 23 avril 1925

 

     Soutenu par les Allemands et les Turcs, le chef rifain Abd el-Krim passe à l’offensive contre l’armée française. Il est décidé à débarrasser le Maroc de toute présence étrangère. Il avait déjà humilié les Espagnols à Anoual en 1921. Maintenant, le protectorat français est menacé et plus particulièrement Kenitra, Meknès, Fès et Taza. La ligne de défense de Lyautey risque d’être submergée.

Établie sur la côte, la ligne Latécoère n’est en principe pas exposée, à condition que la guerre sainte soit jugulée. Mais les effectifs français paraissent bien maigres pour y parvenir.


Paul Painlevé en route pour le Maroc, escale de Barcelone, à droite Raymond Vanier. Archives Marylène Vanier/Musée Air France
Paul Painlevé en route pour le Maroc, escale de Barcelone, à droite Raymond Vanier. Archives Marylène Vanier/Musée Air France

 

Maroc, août 1925

 

     Tant bien que mal, le maréchal Lyautey réussit à contenir les quelques 60 000 guerriers lancés par Abd el-Krim contre les positions françaises. Mais le gouvernement de Paul Painlevé, qui doit faire face en outre au soulèvement des Druzes en Syrie, craint le pire. Aussi, il confie une mission d’évaluation de la situation au maréchal Pétain, charge à lui de préconiser les mesures militaires à prendre. Arrivé le 18 juillet à Rabat sur un avion de la CGEA, avec le général Georges et le colonel Paquin, le vainqueur de Verdun est partisan de la guerre à outrance, avec emploi massif des moyens aériens. Encore lui faudra-t-il convaincre d’en fournir les moyens et, surtout, de s’entendre avec Lyautey. Or, entre les deux maréchaux, on ne peut dire que l’entente soit cordiale.

 

Maroc, mai 1926


1925, aéroplace de Barcelone, Le Maréchal en route pour le Maroc. Marylène Vanier/Musée Air France
1925, aéroplace de Barcelone, Le Maréchal en route pour le Maroc. Marylène Vanier/Musée Air France

 

     Dans la Guerre du Rif, le point de vue de Pétain l’a emporté sur celui de Lyautey, qui a été contraint de remettre sa démission. Responsable depuis août 1925 des opérations militaires, Pétain a fait venir de la métropole 70 bataillons supplémentaires et concentré une puissance de feu contre laquelle l’ancien cadi de Melilla a fini par se briser. En liaison avec les Espagnols du général Sanjurjo, les Français ont repris l’initiative et poussé Abd el-Krim à la reddition après une série de cuisants revers.


Aéroplace de Barcelone, Raymond Vanier toujours fidèle à la manoeuvre. C'est l'homme des situations difficiles, surtout en vol..L'homme aux plus de 300 dépannages en Espagne. Archives Marylène Vanier/Musée Air France
Aéroplace de Barcelone, Raymond Vanier toujours fidèle à la manoeuvre. C'est l'homme des situations difficiles, surtout en vol..L'homme aux plus de 300 dépannages en Espagne. Archives Marylène Vanier/Musée Air France



UN PARTENARIAT AVEC

LA FONDATION LATÉCOÈRE

ET NOTRE NEWSLETTER QUOTIDIENNE



Souvenirs, souvenirs ... Les Carnets de la Ligne, ce projet passionnant de la Fondation Latécoère de 2007, reprend vie au travers de ce blog, "Les Hommes de la Ligne", en mémoire des pionniers des LAL, Lignes Aériennes Latécoère. La Ligne Droite n'est pas toujours le plus court chemin.... Un grand merci à Pierre-Elzéar Latécoère et à la Fondation. JCN
Souvenirs, souvenirs ... Les Carnets de la Ligne, ce projet passionnant de la Fondation Latécoère de 2007, reprend vie au travers de ce blog, "Les Hommes de la Ligne", en mémoire des pionniers des LAL, Lignes Aériennes Latécoère. La Ligne Droite n'est pas toujours le plus court chemin.... Un grand merci à Pierre-Elzéar Latécoère et à la Fondation. JCN

Ceci est un message plus, comment dire, oui, plus personnel. Après l'aventure des "Carnets de la Ligne", je suis heureux de poursuivre ce travail de mémoire et, croyez-moi, cette expression je la partage très sincèrement. Parfois, souvent, pour des questions d'espace, toute cette partie "histoire" ne sera publiée dans sa totalités dans notre "Newsletter" quotidienne du Rallye. Alors, n'hésitez pas, venez la découvrir dans sa totalité sur le site de la Fondation Latécoère, en parténariat avec le RTSL, en tapant : latecoere.com/leshommesdelaligne ou, dans le cadre de notre Rallye Toulouse-Saint-Louis du Sénégal : latecoere.com/rtsl


Un grand merci à Pierre Elzéar, à Marie Vincente Latécoère pour leur confiance et ce nouveau départ. Merci à la Fondation Latécoère et bien évidemment à toute l'équipe d'Air Aventures, à Jean Jacques Galy et, j'adresse aussi "un très grand merci" à Eugène Bellet, qui m'a fait confiance dès les débuts. Eugène m'a emmené photographier le B14 F-POST tout au long de son voyage extraordinaire de Toulouse à Cap Juby/Laayoune en 2010 ; un grand merci à Cédric Lemaître notre pilote, sans qui aucune des prises de vues que je vais vous faire découvrir sur le site Latécoère n'auraient été possibles. Aussi un grand merci à Luc Gimazane, pilote d'essai du B14 F-POST et à toute l'équipe de 2010. Quinze années ont passées, à l'occasion de ce centenaire du Casa-Dakar je suis heureux de partager ces "prises de vues" avec vous, de quoi rêver pour longtemps...


Bien à Vous.

Jean Claude Nivet


A très vite. JC Nivet
A très vite. JC Nivet








 
 

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