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Curriculum Vitae Henri Rozs

Henri Rozès

Né à Soueich (Hte-Garonne) le 31 Mai 1894 dans une nombreuse famille de six enfants. L’ aîné, Maxime, est tué dès le début de la guerre 1914-1918. Henri, son cadet, est mobilisé lui-même dès les premiers jours du conflit dans l’infanterie où il se distingue immédiatement par son audace et son sang-froid.
Plusieurs citations et la Croix de Guerre viennent attester de ses qualités du combattant. Sévèrement blessé devant Verdun, il demande, dès sa convalescence, à servir dans I’aviation. Dès le début de son apprentissage, se font jour ses qualités innées de combattant de choc. Très vite, il obtient son brevet de pilote et dès 1917, il est affecté à une escadrille de chasse. Comme il s’était distingué dans l’infanterie, il se distingue dans l’Aviation abattant plusieurs avions allemands dont quatre lui furent homologués.
A peine démobilisé, il est engagé comme pilote aux Lignes Aériennes Latécoère à Toulouse-Montaudran où son habileté au pilotage, son sang-froid et son exceptionnelle résistance attirent sur lui l’attention de ce chef difficile qu’est Didier Daurat.
Très vite, Henri Rozès s’affirme comme pilote de ligne de haut niveau. Sa réputation s’impose sur Toulouse-Casablanca et atteindra son plus haut niveau lorsqu’il sera affecté sur le dangereux secteur Casablanca-Dakar. Le 22 Juillet 1925, effectuant avec son camarade Ville, pilotant à ses côtés l’avion de secours prévu sur ce difficile tronçon du parcours Casablanca-Dakar, il tombe en panne, se pose en bordure de la mer où Ville vient aussitôt le rejoindre, se posant à ses côtés, en laissant par précaution tourner son moteur.
Au moment où les deux pilotes se préparent à charger dans l’avion de Ville le courrier de l’avion de Rozès en panne, les Maures pillards surgissent et attaquent les deux aviateurs qui, pour sauver leur vie, sont obligés de dégainer leurs revolvers, abattent plusieurs Maures et décollent sous une grêle de balles.
La tête d’Henri Rozès est mise à prix par les Maures à 200 Douros, somme énorme pour l’époque et pour le désert.
Reculant devant leurs responsabilités, les autorités espagnoles du Rio de Oro demandent à la Direction de la Ligne de muter Henri Rozès sur un autre secteur.Le voilà en Amérique du Sud, mêlé à l’équipe fameuse dont Jean Mermoz est le chef. Là comme ailleurs, il accomplit sa tâche en homme exceptionnel parmi d’autres hommes exceptionnels. Il défriche un continent gigantesque où tout est démesuré, forêts, fleuves, montagnes, tempêtes et tornades.
Henri ROZES, pourtant, n’est pas heureux. Ce Toulousain, fruit exclusif de son terroir, rêve de revenir en France d’abord, à Toulouse ensuite. Et comme chez lui, la décision va de pair avec l’action. il démissionne de la Cie Aéropostale pour rentrer en France. A peine a-t-il fait sa demande qu’il est embauché par la Sté Air-Union qui exploite les liaisons Paris-Londres Paris-Amsterdam. Mais tout cela n’est pour lui qu’un expédient provisoire. Ce qu’il veut, c’est « revenir » Aussi, après avoir soigneusement préparé ses voies, donne-t-il à nouveau sa démission et rejoint-il Toulouse où il fonde une école de pilotage à son nom.
Heureux, maître de son destin, il pourrait vivre tranquille en faisant profiter ses élèves de son prodigieux savoir. Mais la guerre civile éclate en Espagne et, sans hésiter, Henri Rozès offre ses services à la République espagnole. Il amènera chez ses amis républicains les avions dont ils ont le plus grand besoin et il y risquera, plus d’une fois, sa vie. A peine terminée, la guerre d’Espagne fait place à la guerre tout court, la vraie, celle avec les Allemands contre lesquels il s’est si vaillamment battu de 1914 à 1918.
Devenu trop vieux pour le combat, il sert, en convoyant vers les points qui lui sont indiqués, les avions militaires les plus divers. C’est à l’occasion de ce travail de routine, pratiquement sans risque, que le destin a donné rendez-vous à ce ««géant, de l’air. Convoyant un Potez 63 qu’il devait amener à Toulouse, trompé par des renseignement météo erronés, bloqué par une brume allant jusqu’au sol, fonçant comme il avait toujours foncé, il réalise avec quelques minutes de retard le piège où il s’est engagé. Volant trop bas, il heurte le sol du bout d’une aile au moment de manœuvrer pour se dégager. Le choc est terrible. Ejecté de l’habitacle par la violence de l’impact, projeté à une dizaine de mètres,il heurte le sol avec violence et restera plusieurs jours dans le coma.
Durant le même laps de temps, son mécanicien, Bruniquel, un ancien lui aussi de la Ligne, prisonnier de l’avion désarticulé, brûle dans l’inconscience. Tous deux pourtant, seront sauvés par la promptitude des secours.
Bruniquel survivra malgré ses terribles brûlures.
Henri Rozès mourra des suites de cet accident le 2 Septembre 1944.
Les ailes se refermeront sur celui qui les avaient déployées dans tous les cieux. Un grand et beau destin d’aviateur. Un destin à la "MERMOZ".

 

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Dernière mise à jour : 30 mai 2019 à 10:47:32