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[1/2] Pour que passe le courrier, par Joseph Roig.

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La paix avec le sol

Un raid aérien est une performance de valeur indiscutable dont l’équipage profite quand il réussit, mais paye de sa vie en cas d’échec.
Etablir l’infrastructure d’une ligne commerciale est un autre problème dont le succès, en ce qui concerne « La Ligne » rend indispensable le concours de personnalités compétentes et heureusement bénévoles sans lesquelles, les moyens financiers dont disposait Latécoère, n’auraient, certes pas suffi à assurer la Ligne à l’époque de l’avion postal dont l’étape moyenne ne dépasse pas 500 kilomètres.
En septembre 1922, Pierre Latécoère me convoque à Paris pour me dire que l’heure avait sonné de procéder à l’exécution de la première partie du Plan « Casablanca-Dakar ». Il s’agissait de reconnaître les possibilités de réalisation d’une infrastructure de la ligne Casa-Dakar, dont les escales précisées par Latécoère, devaient être possibles à Agadir, Cap Juby, Villa Cisneros, Port Etienne, Nouackchott, Saint-Louis, Dakar.


Carte de reconnaissance ( J.Roig).


Pour ce faire il fallait louer aux Canaries un voilier pouvant transporter le personnel de la reconnaissance, l’essence et l’huile nécessaires au ravitaillement aller et retour de trois avions Breguet 14, et aussi de la chaux pour marquer l’aire des terrains d’atterrissage.
-Faites au mieux, me dit Latécoère, et muni de toutes ces instructions je repris la route de Casablanca. Ainsi s’ouvraient à mon activité deux mondes inconnus : d’abord l’Atlantique et la navigation à voiles, ensuite le Désert dans lequel j’allais baliser la route de nos avions et faire ce que j’appelais « La paix avec le Sol », mission primordiale à mon sens.
Naturellement, je mis le Maréchal Lyautey au courant de la mission dont j’étais chargé, ainsi que de la manière dont je pensais pouvoir l’effectuer.
Après avoir écouté, le maréchal Lyautey appela le Colonel Huot, chef du Service des Affaires Indigènes pour lui donner ses directives que j’ai gardées en mémoire :
Il faut donner à Roig un sous-officier des Goumiers qui puisse lui servir d’interprète avec les indigènes du Rio de Oro. Il est indispensable qu’il soit assez bon tireur pour assurer sa sécurité et sa subsistance, et qu’il soit assez fort pour le porter si nécessaire. Ce sous- officier sera mis en congé pour la durée de la mission.
Et c’est ainsi que le Maréchal des Logis Hamed ben Mohamed fit partie de la mission de reconnaissance.


Maréchal des Logis Hamed ben Mohamed.


Mais il n’y avait pas que cette attention de père de famille ; je recevais aussi pour le Colonel Gaden, Gouverneur de la Mauritanie, une lettre du Maréchal qui était bien davantage qu’une simple lettre d’introduction. L’avenir me prouva que la réussite complète de ma mission fut assurée par la perspicacité de ces deux grands connaisseurs des hommes bleus du désert.
Je leur doit bien plus que de la reconnaissance pour leur sollicitude réaliste qui me permit de vaincre toutes les difficultés qui allaient se dresser sur ma route.
En dehors d’Hamed ben Mohamed et de moi-même, l’équipe était formée par Cervera et un de mes amis, architecte à Casablanca, Pierre Ancelle qui prenait quelques vacances, et que l’expédition tentait.

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Dernière mise à jour : 1er aout 2017 à 15:57:53