English version
 

Autres articles : [1] 2 3 4 5 6 7  >>

[1/2] Pour que passe le courrier, par Joseph Roig.

pages : 1 2 3 4 5 6 7 8 9 10 11 12

Après les échanges de politesse avec le commandant de la garnison ( 2 Sections de Sénégalais avec leur Lieutenant, Commandant d’Armes), une visite au Directeur de la Pêcherie et au responsible du transformateur d’eau, nous décidâmes de lever l’ancre le lendemain soir, en même temps qu’un aviso de la marine nationale qui, comme nous prenait la route du sud.
Jumelles en mains, nous observions tous les parages de la baie d’Arguin où le souvenir du radeau de la Méduse était bien connue des marins canariens de la Frasquita, et tous les jours nous ne cessions d’observer cette côte sans relief qui marquait l’horizon.
Nous ne vîmes rien de ce qui pouvait rester de l’avion Goliath de Bossoutrot dont l’aventure avait fait couler tant d’encre à son époque. Nous évoquâmes le mécanicien Coupet qui avait réussi à faire, avec les moyens du bord, une petite distillerie d’eau pour assurer le ravitaillement de l’équipage.
Quand la Frasquita franchit la barre pour entrer dans le fleuve Sénégal et s’ancrer aux pontons de Saint-Louis, j’étais à cent lieues de penser que le Colonel Gaden, Gouverneur de la Mauritanie, allait me mettre en main les clés du désert et me permettre d’assurer à coup sûr le succès de ma mission. Le Gouverneur GSaden résidait à Saint-louis du Sénégal.
Dès qu’il eut pris connaissance de la lettre que le Maréchal Lyautey lui adressait, je sentis, sur le champ, une telle communion de pensée entre nous que je vis s’effacer les 2.800 kilomètres qui me séparaient du Maroc, puisque je retrouvais l’ambiance de Rabat.


Prêts pour la mission.


Le vrai chef de la mission Latécoère allait être le Colonel Gaden et je n’avais qu’à écouter ses conseil que j’allais exécuter comme des ordres.
Lorsque cette prise de contact fut terminée, nous continuâmes notre route jusqu’à Dakar, afin d’aller voir le Gouverneur général de l’Afrique Occidentale française, ainsi que les autorités militaires. Sur le terrain d’aviation de Dakar, je retrouvai deux amis sûrs : le Commandant de l’Air en A.O.F.,le commandant Tulasne, et mon camarade d’école aux Enfants de Troupe de Billom, le Capitaine Gama.

A la conquête du désert.

Le Maréchal Lyautey et le Colonel Gaden, Gouverneur de la Mauritanie m’assurent les moyens qui sont les clefs magiques sans lesquelles le succès se serait fait attendre longtemps. L’ancre jetée sur le fleuve Sénégal au bord des quais de Saint-Louis, je me rendis au rendez-vous que m’avait donné le Gouverneur Gaden, qui m’attendait avec son meilleur sourire.
Dès les premiers mots, je sentis à nouveau que le vrai réalisateur de la mission Latécoère était le Colonel Gaden. Ce fut dans une stupéfaction admirative que je pris connaissance du plan.
Tout était prêt pour le départ : 38 chameaux du convoi de ravitaillement, essence et huile nous attendaient. Le convoi rentrait du ravitaillement des garnisons de Boutilimid et de Mederdra et le Gouverneur les mettait à ma disposition ; 3 méharis de selle avec raalla ( selle de méhari) les complétaient.
Enfin nous avions un Chef de convoi, et quel Chef : Le Cadi des Bou Sba - Oulad El Baggui, descendant du Prophète dont l’ascendant sur le personnel et sur nous-mêmes fut manifeste.

 

Je dois à ce saint homme de bien profitables leçons : sur les documents remis par le Gouverneur à Oulad El Baggui, les étapes étaient énumérées et minutées, les consignes et recommandations précisées pour sa mission dans le Rio de oro. De plus, le Lieutenant Charbonnier, Commandant du Poste de Méderdra était avisé directement du départ du convoi et devait me porter aide et assistance en cas de besoin. Ainsi, je n’avais plus qu^à me laisser conduire.
Merci, mon Colonel, ma reconnaissance vous est acquise et ne vous sera pas mesurée.
Quand mon méhari (baptisé oscar) se releva en m’élevant assez haut pour que je puisse serrer la main du Colonel Gaden penché sur la balustrade de la terrasse de la Maison de commandement, je me demandais quel ménage j’allais faire avec ce magnifique animal dont je ne connaissais aucunement le comportement.
Derrière le Cadi Oulaed El Baggui, je pris la piste et à la file indienne la caravane s’ébranla de son pas lent pour une étape de 10 kilomètres environ, au bout desquels nous allions dresser notre premier bivouac pour la nuit. J’allais apprendre ce qu’était la vie d’un tel convoi tout au long d’une piste que connaissait le guide et que rien ne marquait sur le sol.


Capitaine Roig.


pages : 1 2 3 4 5 6 7 8 9 10 11 12

 

Lire, Écouter, Voir, ... Lire, Écouter, Voir, ...

 
Archives 1922 - 3 - Lettres à Messieurs Walter & Roig lang=fr télécharger ouvrir
 
Archives 1922 - 5 - Lettres à Monsieur Roig lang=fr télécharger ouvrir

 

Retour

 


Plan du site | Contact | Mentions légales| Haut de page

Dernière mise à jour : 1er aout 2017 à 15:57:53