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Jamais
sans doute, une épopée n'aura été marquée par
tant d 'adversité, de périls et d'exploits. Aventures
exceptionnelles, les " Lignes Latécoère ", puis
l'Aéropostale ont mis en scène des pionniers héros
de leur temps: Mermoz, Guillaumet, Saint-Exupéry.
Pour ces pilotes de légende, les océans, les hauts
sommets de la Cordillère des Andes, les déserts
africains n'existaient que pour être franchis.
Pierre-Georges Latécoère, inspirateur de ce défi,
a su donner des ailes à ses pilotes en construisant
des avions faits pour "voler plus haut et plus
loin". Il a largement contribué avec Didier Daurat
ou Marcel Moine a fabriquer cet "état d'esprit",
un esprit maison particulier qui fait que les
hommes se surpassent au nom d'un idéal commun.
La Société Industrielle d'Aviation Latécoère
a été fondée en 1917 par Pierre-Georges Latécoère
qui avait reçu du Gouvernement la mission de fabriquer
des avions de guerre. Cet ingénieur, âgé de 34
ans, commence donc à fabriquer des avions Salmson
2A2, puis des Breguets XIV sur le site de Montaudran
dans la périphérie Toulousaine. Mais il songe,
la guerre finie qu'il faudra prévoir le rôle de
l'avion dans la paix retrouvée. L'aviation à ce
moment n'est encore qu'à ses balbutiements, en
effet, le rayon d'action des appareils n'est tout
au plus que de 400Kms, mais son idée, d'une liaison
régulière entre l'Europe et l'Amérique
du Sud est déjà arrêtée. Pierre-Georges créa donc
Latécoère de toutes pièces l'industrie
Aéronautique Toulousaine qui devait devenir, grâce
à lui, le Centre Régional Aéronautique le plus
important de France.
1918
: Début de l'épopée des lignes
Latécoère
En Mai 1918, la guerre dure encore, Pierre-Georges
Latécoère reçoit la visite d'un
de ses amis d'enfance, un brillant officier aviateur:
Beppo de Massimi. Il le rallie a son idée. Dès
la fin de la guerre, ces deux hommes commencent
la tâche qu'ils s'étaient fixée. La veille de
Noël 1918, un mois 1/2 après 1'Armistice, Pierre-Georges
Latécoère piloté par Cornemont,
franchissait pour la première fois les Pyrénées
et joignait Toulouse à Barcelone. La ligne était
commencée. Le terrain de Montaudran s'organisait
en Aérodrome. Le 25 Février l919, deux avions
Salmson emportant, l'un Pierre-Georges Latécoère
avec Junquet, l'autre Beppo de Massimi, avec Lemaitre,
partaient prolonger la Ligne jusqu' à Alicante.
Le 19 Mars, Pierre-Georges Latécoère,
et Lemaitre partaient pour Rabat. Ils y arrivaient
le 20 au matin portant au Maréchal Lyautey des
violettes de Toulouse. L'appui du Maréchal, convaincu
de la valeur de l'entreprise permit aux deux hommes
d'obtenir enfin l'aide gouvernementale et de fonder
les lignes aériennes Latécoère .
Quinze Breguet 14 monomoteurs Renault 300 CV,
furent attribués à la Compagnie. Le recrutement
des pilotes commence parmi les anciens camarades
de combat de Beppo de Massimi : Beaute-Vanier-Delrieu-Dombray-
Morraglia et surtout Didier Daurat qui créa avec
Beaute la foi enthousiaste que fut " L'esprit
de la Ligne ". Chaque semaine le courrier s'en
allait vers Casablanca et de Casablanca vers Toulouse.
Bientôt, le trafic fut doublé. Un an après, en
Septembre 1920, le service postal fut assuré quotidiennement.
Puis vinrent les passagers encouragés par la régularité
du trafic.
D'autres
lignes s'organisaient avec Poulain et Vachet:
Alicante-Oran/ Alicante-Alger par hydravions,
sur lesquels on installa la radio. Ce furent les
premiers essais de liaison terre-air. Toutefois,
les pilotes emportaient des pigeons pour suppléer
aux défaillances de leur poste de bord. Le 3 Mai
1923, 3 avions commandés par le Capitaine Roig
s'envolaient de Casablanca pour Dakar. Le vol
fut accompli en 3 jours. II fallut attendre deux
ans, le 1er Juin 1925, pour que fut inaugurée
la liaison postale régulière Casablanca- Dakar.
En 1924, la Cie Latécoère, engageait
un jeune pilote Jean Mermoz qui, le l0 Octobre
1927, avec Negrin décolle de Toulouse et atteint
Dakar sans s'être posé une seule fois. En Janvier
1925, une Mission dirigée par le Prince Murat,
comprenant 3 pilotes Roig, Vachet et Hamm s'envolaient
de l' Aérodrome de Rio vers Buenos-Aires. Ils
repartaient vers Rio le 21 Janvier où ils arrivaient
le 23.
En 1926, Beppo de Massimi engage Saint- Exupéry,
qui fut plus tard chef d'escale à Cap-Juby et
dont les écrits avec ceux de Kessel, de Beppo
de Massimi et de Daurat ont immortalisé l'héroïsme
des pionniers de la Ligne. Pierre-Georges Latécoère
avait donc réalisé son projet : la liaison France
- Amérique du Sud où notre pays, grâce
à lui, est arrivé le premier. Pendant ce temps
et sous son impulsion, avec l'aide de collaborateurs
qu'il appréciait, placés sous la Direction Technique
de Marcel MOINE entré à la Société dès 1917, les
créations de la Société Industrielle d'Aviation
LATECOERE furent nombreuses: -83 Etudes d'appareils.
39 réalisations de prototypes (dont la plupart
du plus gros tonnage aérien de l' époque).
-11 Exécutions de série de matériel conçus par
son Bureau d' Etudes, matériel destiné aux Lignes
Commerciales et hydravions militaires pour la
Marine Nationale, qui représente, malgré l'importance
du tonnage des appareils aux diverses époques
où ils furent sortis, une production de 776 unités.
Entre temps, les appareils Latécoère
donnaient à la France 31 records du Monde.
C'est sur un hydravion Latécoère,
le Late 28, que Mermoz réalisa, le 12 Mai 1930,
la première traversée aérienne de l' Atlantique
Sud.
Pierre-Georges Latécoère a créé
successivement les Usines de Toulouse Montaudran,
les Bases de Saint Laurent de la Salanque, de
Biscarrosse, et l'usine d' Anglet près de Bayonne.
1939- Latécoère
s'installe rue de Periole
En 1939, alors que l'horizon politique Européen
s'assombrissait et que la guerre était à craindre,
Pierre-Georges Latécoère, répondant
à l'appel de l'Aéronautique Navale créa en un
temps record l' usine actuelle de Périole à Toulouse
pour la fabrication en série des hydravions de
croisière de 30 tonnes, destinés à l'Aéronautique
Navale.
En 1940, Pierre-Georges Latécoère,
vendait ses Usines de Toulouse Moniaudran, d'Anglet
et la Base de Biscarrosse à la Société des Ateliers
d' Aviation Breguet. Pendant 1'occupation, la
Société Latécoère ayant réduit son
potentiel de productions réussit à ne rien produire
qui put servir à l'ennemi.
L'hydravion de 70 tonnes type Latécoère
631 qui constituait une parfaite réussite technique
distançant nettement ses concurrents Français
et étrangers avait, durant l'occupation, été mis
au point et effectué la majorité de ses essais.
Le prototype saisi à Marignane par les Allemands
avait été détruit à Friedrichshafein par les Alliés.
Le deuxième, grâce au dévouement de tout le personnel
de l' Etablissement, avait été camouflé dans les
environs de Toulouse avec les éléments des 3ème
et 4ème appareils pour échapper aux destructions
de la Wermacht lors de sa retraite.
Dès
la libération, 7 appareils complémentaires ont
fait l'objet d'une commande passée à l'usine Latécoère
afin d'équiper Air France pour les traversées
transatlantiques.
La France gardait avec l'hydravion Latécoère
type Lionel de Marmier de 75 tonnes, l'avance
des appareils du plus gros tonnage aérien mondial.
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